Causes d'infertilité : Un nouveau rapport de santé publique

Présentation d'un plan opérationnel de prévention de l’infertilité en 6 axes

Couple infertile regardant un test de grossesse négatif

Dans l’optique de mettre en place une véritable stratégie nationale de lutte contre l’infertilité, un rapport sur les causes d’infertilité a été remis au ministre de la santé, ce 21 février 2022.


Sur la base de 130 auditions réalisées auprès des acteurs institutionnels, des spécialistes de la fertilité, des représentants du monde associatif et de la société civile, mais aussi des couples de patients et d’anciens patients, les auteurs de ce rapport, le Pr Samir Hamamah et Madame Salomé Berlioux, identifient des actions prioritaires en réponse aux causes de l’infertilité de natures médicales, environnementales et sociétales.


Ce rapport s’inscrit dans le prolongement de la loi bioéthique promulguée le 2 août 2021, l’article 4 de la loi prévoyant en effet la mise en place d’un plan national pour lutter contre l’infertilité.


Avec 3,3 millions de personnes directement touchées en France, l’infertilité est devenue un enjeu de santé publique majeur, sans pour autant avoir jamais été traitée comme telle par les pouvoirs publics.


Outre des contraintes sociétales et le recul de l’âge à la maternité, des facteurs environnementaux sont à l’origine de la hausse de l’infertilité.


Une méta-analyse réalisée en 2017 a fait apparaître un déclin de plus de 50 % de la concentration spermatique chez les hommes des pays industrialisés entre 1973 et 2011, se poursuivant probablement au même rythme depuis cette date. Ce phénomène serait notamment lié à une exposition régulière aux perturbateurs endocriniens.


Par ailleurs, de récentes études montrent l’impact négatif des modes de vie occidentaux sur la fertilité des hommes et des femmes, en particulier pendant la période pré-conceptionnelle, à savoir les 6 mois précédant la grossesse : consommation de tabac ou de cannabis, obésité, troubles de l’alimentation…


L’infertilité est aussi très souvent liée à des causes médicales.


La mission présente en ce sens six axes d’améliorations formant le cadre d’un plan opérationnel de prévention de l’infertilité.


Axe 1 : Éduquer et informer, information collective


En premier lieu, elle recommande d’informer régulièrement le public, dès le collège et tout au long de la vie, sur :

  • La physiologie de la reproduction,

  • Le déclin de la fertilité avec l’âge (en 2019, conséquence d’un ensemble de facteurs sociétaux, les françaises avaient leur premier enfant à 29 ans en moyenne ; la fertilité déclinant progressivement à partir de 30 ans, ce recul de l’âge à la maternité est un facteur important d’infertilité),

  • Les limites de la procréation médicalement assistée (AMP),

  • Et les facteurs de risques d’infertilité.

Axe 2 : Éduquer et informer, information individuelle


La mission propose ensuite d’instaurer des consultations ciblées, pour que les jeunes hommes et les jeunes femmes puissent repérer de potentiels facteurs d’altération de leur fertilité, avec une première consultation médicale prolongée à destination des adolescents.


Plus tard, tout homme ou femme en âge de procréer devrait également pouvoir bénéficier d’une consultation fertilité auprès d’un professionnel de santé formé à cet effet.


Enfin, pour les couples ou les femmes ayant un projet parental, la mission recommande de promouvoir et développer une consultation préconceptionnelle, axée sur l’évaluation des facteurs de risques liés à leur environnement et à leur mode de vie.


Axe 3 : Former les professionnels de santé à la prévention de l’infertilité


Pour réaliser cette prise en charge à grande échelle, il apparaît nécessaire de renforcer la formation initiale des médecins et des autres professionnels de santé, dans l’ensemble peu familiarisés avec cette problématique.


Pour renforcer la formation continue des professionnels de santé, la mission recommande en outre la création de diplômes universitaires centrés sur la prévention de l’infertilité – accessibles aux médecins, mais également aux pharmaciens, aux infirmiers et aux sages-femmes et intégrer un enseignement de santé environnementale reproductive.


Axe 4 : Mieux repérer et diagnostiquer les causes d’infertilité

+

Axe 5 : Mettre en place une stratégie nationale de recherche globale et coordonnée sur la reproduction humaine et la fertilité


La mission propose d’intégrer cette problématique dans les priorités d’investissements d’avenir du gouvernement, ce qui se traduirait par la mise en place d’un Programme et Equipements prioritaires de recherche (PEPR) dédié à la reproduction humaine et à la lutte contre l’infertilité.


Ceci avec pour thématiques de recherche, la mesure de l’infertilité, ses déterminants environnementaux, notamment en lien avec les perturbateurs endocriniens, la compréhension de ses mécanismes génétiques et le développement de la recherche clinique sur la prise en charge des couples infertiles.


Axe 6 : Un « Institut national de la fertilité », incarnant la discipline, garant de la coordination des acteurs de la prévention et de la prise en charge de la fertilité


Enfin, pour impulser et incarner cette priorité nationale et pallier l’actuel déficit de coordination entre les différents acteurs, la mission recommande la création d’un Institut national de la fertilité, avec une approche interministérielle.



Marie-I. LODATO

Formatrice en Santé environnementale, Nutrigénomique et Sciences des plantes médicinales

Co-Responsable pédagogique Oreka Formation

Co-Conceptrice de la Nutrition Fonctionnelle Adaptative


https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_sur_les_causes_d_infertilite.pdf


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