L'huile essentielle de lavande est-elle un perturbateur endocrinien ?

Dernière mise à jour : 14 sept. 2021

Retour sur l'histoire d'une polémique concernant les huiles essentielles de lavande et de tea tree

système endocannabinoïde

En effet, vous nous avez fait part d'une question de patients qui revient régulièrement dans vos officines ou lors de vos consultations :

"Existe-t-il un risque de perturbation hormonale liée à l’utilisation d’huiles essentielles de lavande et d’arbre à thé (ou tea tree) ?"

C'est aussi une interrogation récurrente durant les deux jours dédiés aux huiles essentielles, hydrolats et eaux florales de la formation aromathérapie proposée par notre formatrice et Artisan distillatrice de plantes à parfum, aromatiques et médicinales : Mathilde Guichard.


Je vous propose de revenir sur cette polémique remettant en cause l’utilisation chez les enfants de produits à base de ces 2 huiles essentielles de lavande et de tea tree, fréquemment utilisées et réputées pour leur relative innocuité, puis d’apporter un éclairage scientifique nuancé.

SOMMAIRE


LES ORIGINES DE LA POLEMIQUE SUR LES HUILES ESSENTIELLES

- Des observations cliniques et approches épidémiologiques

- Des études in vitro et une présentation médiatisée


NOTIONS DE RISQUES APPLICABLES AUX HUILES ESSENTIELLES ET AUX PERTURBATEURS ENDOCRINIENS

- Réglementations des huiles essentielles en fonction de leur destination

- Réglementation en matière de perturbateurs endocriniens

- Dangers et risques des huiles essentielles de lavande vraie et d'arbre à thé


DISCUSSION ET CONCLUSION


LES ORIGINES DE LA POLEMIQUE SUR LES HUILES ESSENTIELLES


Des observations cliniques et approches épidémiologiques


Tout a commencé avec un article publié en 2007, par l’équipe du chercheur Derek V Henley aux Etats-Unis, établissant un lien entre trois cas de gynécomastie (développement du tissu mammaire) prépubère chez de jeunes garçons et la présence d’huile essentielle de lavande (quid de l’espèce ?) et d'arbre à thé dans leurs produits d’hygiène.


Après l’arrêt total de l’utilisation des produits en question, les symptômes chez ces garçons avaient en effet disparu (1).


En 2016, une équipe médicale identifia à son tour l’utilisation d’une eau de Cologne comme commune à 2 des 3 autres cas observés de gynécomastie et se référa à l’étude de 2007 pour considérer que la composition partielle en huile essentielle de lavande en était la cause (2).


Ces études d’observation sur échantillon restreint n’établissent pas de causalité, tout au plus une corrélation suggérée qui ouvre à discussion car les données sont incomplètes et les facteurs de biais importants.