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Supplémentation en fer du nourrisson durant l'allaitement entre 4 et 6 mois

Dernière mise à jour : 15 avr.


Nourrisson recevant une supplémentation en fer

Pour débuter, définissons précisément le contexte, nous parlons :

  • De bébés entre 4 et 6 mois ;

  • Allaités exclusivement jusqu’à 6 mois, c’est à dire ne recevant pas de lait infantile (sous-entendu enrichi en fer), ni d’aliments contributeurs en fer (ou très peu) ;

  • Nés à terme (non prématurés) ;

  • Eutrophiques, c’est à dire avec un poids de naissance considéré comme normal (> à 2,5 Kg).

Dans son rapport sur l’alimentation des nourrissons à destination des pays européens, l’OMS indiquait en 2003 que certains nourrissons peuvent avoir besoin d’aliments en complément du lait maternel avant 6 mois.


Quant à l’EFSA, elle concluait en 2009 que l’allaitement exclusif par une mère bien nourrie permet de couvrir les besoins en protéines, vitamine A, fer et zinc des enfants nés à terme jusqu’à l’âge de 6 mois, mais que, pour une petite proportion d’enfants, l’allaitement exclusif ne permet pas de couvrir les besoins en fer et zinc après l’âge de 4-6 mois (1).


Chez le nourrisson, les conséquences d’une carence en fer peuvent être graves.


Les phases critiques du développement cérébral se produisant durant la petite enfance, une situation de carence peut avoir des conséquences néfastes à l’échelle d’une vie. En effet, dans un contexte de carence, la correction du statut en fer peut ne pas corriger les perturbations du développement neurologique et cognitif (14, 15).


Par ailleurs en France, la plupart des laits infantiles contiennent 12 × plus de fer que le lait maternel. Même en prenant en compte les différences de biodisponibilité entre le fer du lait maternel et celui du lait infantile, le lait infantile fournit bien plus de fer.


La question se pose donc :


Doit-on supplémenter systématiquement en fer les bébés exclusivement allaités entre 4 et 6 mois ?


En tant que professionnel ou praticien de santé, vous vous posez peut-être cette question car les pratiques divergent.


Je vous propose de parcourir les données actuellement disponibles pour répondre à cette question et accompagner au mieux les bébés allaités et leurs parents.


 

SOMMAIRE


 

PÉDIATRIE : TOUR D'HORIZON DES RECOMMANDATIONS DE SUPPLÉMENTATION EN FER


Voici un résumé des recommandations à travers le monde :

Année

Lieu

Agence médicale ou société savante

Recommandations (voir les précisions ci-dessous)

2005

France

HAS (Haute autorité de santé)

  • Traitement préventif de la carence martiale du nourrisson à raison de 1 mg de fer par kg et par jour à partir de 4 mois pour une durée de 3 à 6 mois, voire 12 mois

  • Indication issue du dossier d’AMM pour une spécialité à base de sulfate ferreux 

  • Cette recommandation n’est pas à jour et insuffisamment justifiée 

2010

États-Unis

AAP (Association américaine de pédiatrie)

  • Supplémentation systématique à raison de 1 mg/kg par jour, à partir de l'âge de 4 mois et jusqu'à l'introduction d'aliments complémentaires appropriés contenant du fer

  • Pour un nourrisson de 5 kg, cela correspond à 17 x l’apport en fer fourni par le lait maternel 

  • Cette recommandation est controversée et a été remise en question en 2010, 2011 et 2014 

2014

Europe

ESPGHAN (Société européenne de gastroentérologie pédiatrique, hépatologie et nutrition)

  • Pas de supplémentation systématique

  • Supplémentation individuelle à envisager pour les groupes à risque : faible statut socio-économique ou vivant dans des zones à forte prévalence de l’anémie ferriprive ou si le nourrisson a une faible consommation d'aliments complémentaires riches en fer 

2016

Monde

OMS (Organisation mondiale de la santé)

  • Pas de supplémentation systématique

  • La supplémentation systématique en fer concerne les pays où la prévalence de l'anémie est estimée à plus de 40 % (mais elle est remise en cause par de nouvelles études dans les régions où le paludisme est endémique, ainsi que chez les enfants infectés par le VIH)

2019

États-Unis

Academy of Breastfeeding Medicine (Académie de médecine de l’allaitement) 

  • Pas de supplémentation systématique, les bénéfices sont inconnus et il existe des risques potentiels 

  • Si une supplémentation en fer est donnée avant 6 mois, il faut apporter 1 mg/kg/jour de fer jusqu’à l’introduction suffisante des aliments contributeurs en fer 

2019

Canada

Société canadienne de pédiatrie

  • Pas de supplémentation systématique pour les nourrissons de plus de 2,5 Kg à la naissance 

  • Supplémentation systématique pour les nourrissons de moins de 2,5 kg à la naissance et qui sont majoritairement allaités (plus de 50 % de leur apport nutritionnel) à raison de : 

    • 1 mg/kg/jour à 2 mg/kg/jour jusqu’à l’âge de six mois pour les nourrissons de 2,0 kg à 2,5 kg à la naissance

    • 2 mg/kg/jour à 3 mg/kg/jour de suppléments de fer jusqu’à l’âge d’un an pour les nourrissons de moins de 2,0 kg à la naissance


Pour aller plus loin, voyons plus en détail ces recommandations.


France (2005)


Au niveau français, il n’existe pas de recommandation officielle à jour. 


Certains professionnels utilisent l’autorisation de mise sur le marché (AMM) émise par la HAS en 2005 pour un médicament à base de sulfate ferreux (FER AP-HP 0,5 mg, gélule) (2). 


L’AMM contient :

  • L’indication suivante : « Traitement préventif de la carence martiale du nourrisson né eutrophique à terme, sans anémie néonatale, et allaité au sein au-delà de 4 à 6 mois, ou allaité artificiellement avec un lait non ou insuffisamment enrichi en fer ». 

  • La posologie suivante :

    • « En cas d’allaitement au sein exclusif, la posologie est de 1 mg de fer par kg et par jour.

    • Le traitement doit être mis en route à partir de l’âge de 4 mois et au plus tard à l’âge de 6 mois.

    • Durée du traitement : Elle doit être suffisante, 3 à 6 mois, voire 12 mois, pour corriger l’anémie et restaurer les réserves en fer du nourrisson ».

    • On relèvera au passage qu’ils mettent en avant une durée de traitement qui doit être suffisante  « pour corriger l’anémie et restaurer les réserves en fer » alors que l’indication porte sur de la prévention, c’est à dire dans un contexte où il n’y a pas d’anémie ni d’insuffisances de réserves en fer...


Pour justifier de l’efficacité (Service Médical Rendu), le document indique : 

  • « Le dossier est uniquement bibliographique. Les études n’ont pas été effectuées avec la spécialité FER AP-HP 0,5 mg » ;

  • Pour l’indication en question, ils ne font mention que d’une seule étude réalisée en 2000 sur des bébés en Turquie (3). 


Ainsi, nous pouvons relever plusieurs problématiques : 

  • Cette AMM est très ancienne : pratiquement 20 ans alors que de nouvelles données sont disponibles aujourd’hui ;

  • Elle est basée sur une seule étude réalisée il y a 25 ans ;

  • Cette étude réalisée en Turquie ne peut pas représenter les bébés français (statut socio-économique et prévalence de l’anémie ferriprive différents).



États-Unis (2010) : Comité de nutrition de l'association américaine de pédiatrie (AAP) (4)


L’AAP a émise sa recommandation en 2010 : 


« Il est donc recommandé que les enfants nés à terme et exclusivement allaités reçoivent un supplément de fer de 1 mg/kg par jour, à partir de l'âge de 4 mois et jusqu'à l'introduction d'aliments complémentaires appropriés contenant du fer.  


Pour les nourrissons partiellement allaités (…) à partir de l'âge de 4 mois, les nourrissons qui reçoivent plus de la moitié de leur alimentation quotidienne sous forme de lait humain et qui ne reçoivent pas d'aliments complémentaires contenant du fer devraient également recevoir un supplément de fer de 1 mg/kg par jour ». 


Cette recommandation est basée sur une seule étude publiée en 2003 : 


« Dans une étude en double aveugle, Friel et al. (5) ont démontré que les nourrissons nourris exclusivement au sein et supplémentés en fer entre 1 et 6 mois présentaient une concentration d’hémmoglobine et un volume corpusculaire moyen plus élevés à l'âge de 6 mois que leurs pairs non supplémentés.


La supplémentation s'est également traduite par une meilleure acuité visuelle et des indices de développement psychomoteur de Bayley plus élevés à l'âge de 13 mois ». 


Cependant, cette recommandation a été remise en question notamment : 

  • En 2010 (6) : « Nous avons été étonnés de constater que les auteurs ont recommandé de modifier la recommandation sur l’apport en fer, en incluant tous les nourrissons allaités, sur la base d'une seule étude clinique tout en ignorant les études cliniques qui ont suggéré les effets indésirables de cette pratique ». 

  • En 2011 (7) : « Cette recommandation est controversée en ce qui concerne les nourrissons à terme en bonne santé d'un poids à la naissance de > 2500 g, qui représentent la plus grande proportion de nourrissons qui allaitent exclusivement aux États-Unis ».

  • En 2014 (8) par l’ESPGHAN (Europe).


On notera que suite à ces recommandations, un nourrisson de 5 kg supplémenté en fer reçoit 17 × plus de fer que ce qui est fourni par le lait maternel (13). 



Europe (2014) : ESPGHAN (The European Society for Paediatric Gastroenterology Hepatology and Nutrition, Société européenne de gastroentérologie pédiatrique, hépatologie et nutrition) (8)


La recommandation émise en 2014 est claire : 


« L’ESPGHAN ne recommande pas une supplémentation générale en fer pour les nourrissons européens allaités après l'âge de 4 à 6 mois ; cependant, une supplémentation préventive en fer peut être fournie sur une base individuelle aux nourrissons issus de groupes à haut risque (faible statut socio-économique ou vivant dans des zones à forte prévalence de l’anémie ferriprive) si le nourrisson a une faible consommation d'aliments complémentaires riches en fer ».


L’avis rapporte plusieurs informations intéressantes : 

  • « À notre connaissance, il n'y a eu qu'un seul essai randomisé contrôlé (16) portant sur les effets des suppléments de fer administrés entre 4 et 6 mois à des nourrissons exclusivement nourris au sein dans un contexte européen ou dans un pays à revenu élevé. 

    • Dans cet essai, 232 nourrissons suédois et honduriens ont été répartis au hasard en trois groupes : suppléments de fer de 4 à 9 mois, suppléments de fer de 6 à 9 mois ou pas de suppléments de fer. 

    • Ces enfants ont été nourris exclusivement au sein jusqu'à l'âge de 6 mois et principalement au sein entre 6 et 9 mois. 

    • Dans le sous-groupe hondurien, les suppléments de fer de 4 à 6 mois ont réduit de manière significative la prévalence de l’anémie ferriprive à 9 mois de 28 % à 11 % (P 1⁄4 0,006) ; cependant, dans le sous-groupe suédois (n 1⁄4 101), la supplémentation en fer n'a pas réduit de manière significative la prévalence déjà faible de l’anémie ferriprive à 9 mois (<3 % dans tous les groupes). 

    • En outre, dans une analyse secondaire parmi les nourrissons suédois de cette étude, les suppléments de fer ont entraîné une croissance plus faible, avec une différence de 0,4 cm entre les nourrissons supplémentés en fer et les nourrissons non supplémentés jusqu'à l'âge de 9 mois (P 1⁄4 0,02). 

  • Il n'y a pas suffisamment de preuves que la supplémentation générale en fer des nourrissons de 4 à 6 mois exclusivement ou principalement nourris au sein réduise l'anémie ferriprive ou présente d'autres avantages pour la santé dans les populations où la prévalence de l'anémie infectieuse est faible ».



Monde (2016) : OMS (Organisation mondiale de la santé) (9)


L’OMS recommande que les nourrissons âgés de 6 à 23 mois reçoivent une supplémentation en fer seulement dans les pays où la prévalence de l'anémie est estimée à plus de 40 %. 


Cette recommandation est remise en cause par de nouvelles études dans les régions où le paludisme est endémique, ainsi que chez les enfants infectés par le VIH (voir ci-dessous "Avantages et risques d'une supplémentation en fer chez les nourrissons").



États-Unis (2019) : Academy of Breastfeeding Medicine (Académie de médecine de l’allaitement) (10) 


En 2019, l’académie de médecine de l’allaitement a publié son protocole clinique n° 29 : « Suppléments de fer, de zinc et de vitamine D pendant l’allaitement ». 


Voici la recommandation concernant le fer : 

  • « Une supplémentation en fer à partir de 4 mois chez les enfants nés à terme et exclusivement allaités est corrélée à un meilleur statut hématologique, mais les bénéfices à long terme de ce meilleur statut hématologique à 4-6 mois sont inconnus. 

  • La supplémentation en fer présente des risques potentiels, en particulier sur la fonction immunitaire, et éventuellement en diminuant la biodisponibilité du fer présent dans le lait maternel. De plus, elle peut avoir un impact potentiellement négatif sur la croissance et la morbidité infantile lorsque le supplément de fer est donné à des enfants qui ne sont pas carencés en fer. 

  • Si le supplément de fer est donné avant 6 mois, il devrait l’être sous forme d’un supplément séparé apportant 1 mg/kg/jour de fer jusqu’au moment où d’autres aliments tels que les céréales enrichies (7 à 7,5 mg/jour de sulfate ferreux) ou les aliments riches en fer comme la viande, le tofu, les haricots et autres seront débutés à 6 mois dans le cadre de l’introduction des aliments de sevrage ».



Canada (2019) : Société canadienne de pédiatrie (11) 


En 2019, la Société canadienne de pédiatrie s’est prononcée également : 

  • « Les données probantes sont insuffisantes pour recommander la supplémentation systématique de fer ou le dépistage de la carence en fer en laboratoire chez les nourrissons à terme et en santé qui ne présentent pas de facteurs de risque et qui sont allaités exclusivement jusqu’à l’âge de six mois.

  • Chez les nourrissons de petit poids à la naissance (moins de 2,5 kg) qui sont majoritairement allaités (plus de 50 % de leur apport nutritionnel), la supplémentation de fer est recommandée systématiquement :

    • Les nourrissons de 2,0 kg à 2,5 kg à la naissance doivent recevoir de 1 mg/kg/jour à 2 mg/kg/jour de suppléments de fer jusqu’à l’âge de six mois.

    • Les nourrissons de moins de 2,0 kg à la naissance doivent recevoir de 2 mg/kg/jour à 3 mg/kg/jour de suppléments de fer jusqu’à l’âge d’un an ».



AVANTAGES ET RISQUES D'UNE SUPPLÉMENTATION EN FER CHEZ LES NOURRISSONS 


L’importance d’un statut optimal en fer fait bien évidemment consensus. Cependant, la supplémentation en fer n’est pas anodine car, mal adaptée, elle peut être source de risques aujourd’hui bien identifiés pour la santé. 


La physiologie humaine n’est pas assortie d’un mécanisme efficace d’excrétion du fer. À cela peut se rajouter une prédisposition génétique à absorber et à stocker des excès de fer comme l'hémochromatose. Une supplémentation inadaptée peut ainsi provoquer une surcharge en fer dans les tissus et constitue un risque d’apport excessif en fer (12).


Pour limiter ces risques, la réalisation d’une analyse biologique est incontournable pour la mise en place d’une supplémentation en fer. Cette pratique est courante chez l’adulte. Cependant chez l’enfant, et d’autant plus chez le nourrisson, une analyse de sang est invasive et sera généralement proposée en dernier recours. 


Ainsi, la supplémentation « à l’aveugle » a pu être proposée, notamment par l’Association américaine de pédiatrie, dans une réflexion autour d’une balance bénéfices / risques.


Mais a-t-on suffisamment pris en compte les risques ? 


Pour mieux comprendre les controverses autour de ce sujet, il est important d’approfondir les données scientifiques disponibles sur le sujet. 



Avantages d’une supplémentation en fer chez les bébés


Les avantages prouvés de la supplémentation en fer chez les nourrissons sont (5, 10, 13, 16) :

  • L’amélioration du statut en fer ;

  • L’augmentation des paramètres hématologiques, notamment l’hémoglobine et le volume corpusculaire moyen cependant :

    • Les bénéfices à long terme de ce meilleur statut hématologique à 4-6 mois sont inconnus ;

    • Les nourrissons nés à terme connaissent une diminution qui s’avère physiologique du volume sanguin et de la concentration d’hémoglobine au cours des premiers mois de leur vie (4) ;

  • La prévention de l’anémie ferriprive ;

  • Le soutien neurodéveloppement.


Risques d’une supplémentation en fer chez les bébés


Quand on commence à creuser les risques, on se rend vite compte qu’ils sont bien trop nombreux. 


Une série d’études et de revues a relevé ces risques (6, 7, 8, 10, 11, 13, 19) : 

  • Stress oxydatif et de réactions de peroxydation ;

  • Interactions nutritionnelles avec d’autres oligo-éléments : 

    • L’excès de fer masque la carence en cuivre et zinc ;

    • L’excès de fer peut entrainer des malabsorptions de zinc, de cuivre et de manganèse (compétition d’absorption) ;

  • Augmentation du risque diarrhée ; 

  • Perturbation du microbiote intestinal : 

    • Prolifération de pathogènes, par exemple : Clostridium, Escherichia, Shigella (ce qui peut expliquer en partie l’augmentation du risque de diarrhée) ;

    • Altération négative du développement des bactéries symbiotiques, par exemple : baisse des bifidobactéries (17) ;

    • On notera que les faibles biodisponibilités des sulfates ferreux entrainent de plus grandes quantités de fer non absorbées qui restent dans l’intestin. Cela génère des réactions d’oxydation locales (ex. : effets sur la muqueuse gastro-intestinale et risque de gastrite) et ce fer non absorbé peut servir au développement de bactéries pathogènes du tube digestif ;

  • Perturbation de la croissance (16) ; 

  • Déficits cognitifs et comportementaux à long terme : tout comme la carence en fer, la surcharge en fer est tout autant problématique sur le neurodéveloppement ;

  • Augmentation du risque de morbidité et de mortalité (18) :

    • Dans les zones à forte morbidité palustre, plusieurs études mettent en évidence une augmentation de l’incidence du paludisme que les enfants soient carencés en fer ou non ; 

    • La supplémentation en fer facilite probablement aussi la réplication du VIH (virus de l’immunodéficience humaine). 



IMPORTANCE DU STATUT EN FER DE LA FEMME ENCEINTE 


Aussi étonnant que cela puisse paraitre, on a longtemps considéré que l’optimisation des réserves maternelles et la supplémentation de la mère ne donnaient pas de résultats probants pour optimiser le statut en fer de son bébé.


Cela a même été mis en avant par l’Académie de médecine de l’allaitement en 2019 (10). 


En creusant un peu, on se rend vite compte du peu d’études disponibles jusqu’à maintenant. 


Depuis, de nouvelles études ont été publiées (dont 2 essais contrôlés randomisés) : 

  • Iglesias-Vázquez L et al. en 2024 : La supplémentation prénatale en fer ajustée aux réserves de fer maternelles réduit les problèmes de comportement chez les enfants de 4 ans (essai contrôlé randomisé) (20) : 

    • « La prise de 80 mg/jour de fer a amélioré le comportement de l'enfant lorsque les femmes avaient de faibles réserves de fer, mais l'a aggravé lorsque les mères avaient des réserves de fer normales à élevées, sauf en cas de problèmes de dépression et d'attention/hyperactivité ; 

    • La prise de 20 mg/jour de fer a amélioré le comportement uniquement chez les enfants dont les mères avaient une ferritine sérique > 65 µg/L en début de grossesse ;

    • Les fonctions exécutives se sont améliorées à des doses élevées de fer prénatal lorsque la ferritine sérique maternelle initiale était < 15 µg/L ; 

    • L'ajustement de la supplémentation prénatale en fer en fonction des niveaux d’hémoglobine de base de la mère et aux réserves en fer réduit les problèmes de comportement chez les enfants de 4 ans ».

  • Iglesias-Vázquez L et al. en 2023 : Importance du statut en fer maternel sur l'amélioration de la fonction cognitive chez les enfants après une supplémentation prénatale en fer (22) : 

    • « Une supplémentation prénatale en fer adaptée aux taux d'hémoglobine maternelle et aux réserves de fer de base améliore le fonctionnement cognitif chez les enfants âgés de 4 ans ».

  • Milman NT en 2022 : La supplémentation en fer chez les femmes enceintes danoises revisitée : effets sur la carence en fer pré-partum et post-partum, l'anémie, l'érythropoïétine sérique ; y compris le statut en fer, l'érythropoïétine et les données anthropométriques chez les nouveau-nés (étude randomisée et contrôlée par placebo) (23) : 

    • « La supplémentation en fer a eu un impact positif sur le statut en fer et l’hémoglobine pendant la grossesse et après l'accouchement, avec une faible fréquence de carence en fer et d’anémie ferriprive et également une influence positive sur le statut en fer des nouveau-nés (taux de ferritine plus élevés) ».


On notera que ces études mettent en avant l’importance d’une supplémentation en fer adaptée aux besoins de la femme enceinte et établis à partir d’une analyse biologique (paramètres hématologiques dont l’hémoglobine, ainsi que la ferritine et le coefficient de saturation de la transferrine).


En effet, l’excès de fer chez la femme enceinte est également dangereux (21, 24, 25) : 

  • Risques fonctionnels : oxydatifs, malabsorption du zinc, perturbation du microbiote intestinal, gastrite, etc.

  • Risque de diabète gestationnel ; 

  • Risque d’hypotrophie fœtale en cas d’hémoglobine supérieure à 14 g/dl ;

  • Risque de perturbation de la croissance foetale ;

  • La carence en vitamine E est exacerbée en cas de surcharge en fer (surutilisation pour contrer le stress oxydatif) : risque augmenté de prééclampsie et de naissance prématurée.


Ainsi, l’optimisation du statut maternel en fer dès le début de la grossesse semble être une clef pour sécuriser les besoins du bébé allaités entre 4 et 6 mois. 


COMMENT PRÉVENIR LA CARENCE EN FER CHEZ LE NOURRISSON ? 


Au vu des données précédentes, la supplémentation systématique ne semble pas être la solution la plus sécuritaire. 


Une approche individualisée et objectivée est nécessaire et je vous propose 5 axes pratiques de travail : 


1- Optimisation du statut en fer de la femme dès le désir de grossesse


Vous l’aurez compris, tout débute avec l’optimisation du statut en fer de la femme dès le désir de grossesse ou, à défaut, dès le début de la grossesse.


Actuellement, les recommandations de la HAS pour le suivi des femmes enceintes (2016) (26) indiquent que la réalisation d’un hémogramme sera proposée : 

  • À la première consultation (avant 10 semaines d’aménorrhée) en présence de facteurs de risque d’anémie ;

  • Au 6ème mois de gestation s’il n’y a pas de facteur de risque ;

  • Il n’y a pas de recherche systématique du statut en fer. 


Pourtant chez les femmes enceintes en France, la HAS indique également que la prévalence (27) :

  • Du déficit en fer serait comprise entre 54 et 77% ;

  • De l’anémie ferriprive serait entre 9 et 30% !


Ainsi, pour aller plus loin et agir en prévention, nous proposons une analyse biologique systématique à réaliser dès le désir de grossesse ou, à défaut, dès le début de la grossesse comprenant :

  • Un hémogramme ;

  • Un statut en fer : à minima une ferritine et un coefficient de saturation de la transferrine.


En fonction des données recueillies (environnementales, alimentaires, cliniques et biologiques), une supplémentation en fer pourra être envisagée.


2- Clampage tardif du cordon ombilical à la naissance

(8, 28) 


Il est aujourd’hui bien établi que retarder le clampage du cordon ombilical améliore les réserves de fer du nourrisson et réduit le risque d’un déficit en fer avant 6 mois.


3- Repérer les enfants à risque de carence en fer

(8)


Notamment : 

  • Nourrissons de mères diabétiques

  • Nourrissons souffrant d’une maladie chronique 

  • Situation socioéconomique défavorisée 

  • Zones à forte prévalence de l’anémie ferriprive 

  • Diversification alimentaire trop tardive (après 6 mois)

  • Diversification alimentaire insuffisante en aliments contributeurs en fer 


Une analyse biologique et/ou une supplémentation en fer pourra être envisagée par le médecin. 


4- Respecter les recommandations de diversification alimentaire

(8, 29)


Selon l’ANSES (2019) (29) : 

  • Débuter la diversification alimentaire entre 4 et 6 mois en intégrant tous les groupes alimentaires ;

  • Au début de la diversification alimentaire, le lait maternel ou les préparations infantiles restent la base de l’alimentation de l’enfant : ils doivent être apportés au minimum à hauteur de 500 mL/j jusqu’à au moins un an ;

  • Dès le début de la diversification alimentaire, proposer :

    • Des aliments contributeurs à l’apport en fer tels que les légumes et la viande ;

    • Des aliments enrichis en fer tels que le « lait de croissance » ou les céréales infantiles.

Note concernant les céréales enrichies en fer : 

  • Contrairement à de nombreux pays, les céréales enrichies françaises ne le sont pas en fer ! Ce qui est assez paradoxal puisqu’elles sont recommandées par l’ANSES ;

  • Pour trouver des céréales enrichies en fer, il faut les acheter sur internet via des sites internationaux. On veillera à sélectionner des produits de qualité ;

  • L’atteinte du repère national pour la population (RNP) en fer semble difficile (et d’autant plus en cas d’éviction de la viande). La place des céréales enrichies en fer peut devenir incontournable (30) ;

  • Pour réduire l'exposition à l'arsenic, des céréales pour nourrissons autres que le riz peuvent être recommandées ;

  • Généralement, une portion de 15 g de céréales enrichies en fer apporte 6 à 7 mg de fer élément.


Pour rappel le RNP en fer pour les nourrisson de 6 à 12 mois est de 11 mg par jour.


Exemple d’aliments contributeurs en fer : 

Aliment

Portion

Quantité de fer (mg) 

Lait maternel

500 mL

0,15 à 0,45 

Viande rouge (valeur moyenne)

10 g 

0,28

Chocolat noir (attention, on limitera l’apport en chocolat du fait de sa teneur en nickel) 

5 g 

1,14 

Noix de cajou en purée 

10 g

0,54 

Flocons d’avoine 

15 g 

0,61 

Légumes cuits (valeur moyenne) (les épinards et le topinambour sont particulièrement riches)

200 g 

0,92

Haricots blancs en purée

20 g (1 c. à soupe)

0,58

Champignons de Paris 

50 g 

0,85 

Fromage blanc

10 g (2 c. à café)

0,10

Jaune d’oeuf 

1/2

0,14

Emmental 

10 g

0,15

Fruits crus (valeur moyenne) (mixés ou bien mûrs)

200 g 

0,36 

TOTAL


6,12 mg

Source : table CIQUAL.


5- Si une supplémentation en fer est proposée  

(2, 4, 10, 31, 32)


Les doses habituellement recommandées pour les sulfates ferreux sont : 

  • Optimisation des apports en fer : 1 mg/kg/jour ;

  • Traitement de l’anémie ferriprive : 3 mg/kg/jour (contrôle 3 mois plus tard et réajustement de la dose) ;

  • D’autres posologies existent selon le contexte pathologique (2 à 8 mg/kg/jour).


Il est important de rappeler que ces recommandations sont faites sur la base d’une supplémentation en sels de fer de type sulfate ferreux, fumarate ferreux, succinate ferreux et ascorbate ferreux.


Il est impossible voire dangereux d’extrapoler les dosages aux formes ayant une meilleure biodisponibilité comme le bisglycinate de fer (risque de surdosage).

Dans le cadre d’une supplémentation sous forme de bisglycinate, il semble être judicieux de diviser la dose par 2 voire par 4 par rapport aux recommandations (35, 36, 37, 38, 39, 40, 41). 


La lactoferrine semble également devenir une supplémentation particulièrement interessante et sécuritaire, seule ou en complément d’une prise de fer (33, 34).



Points à retenir sur la supplémentation en fer des bébés exclusivement allaités entre 4 et 6 mois


Ainsi, la supplémentation en fer entre 4 et 6 mois des bébés allaités exclusivement jusqu’à 6 mois n’est pas systématique. 


Les données actuelles mettent en évidence les risques potentiels d’une supplémentation systématique qui semblent dépasser les bénéfices. 


Comme cela a été vu, la prévention de la carence en fer chez l’enfant débute dès le désir de grossesse et continue tout au long de l’accompagnement de la femme enceinte puis du nourrisson jusqu’à sa diversification alimentaire.


Cela renforce encore une fois l’importance d’un suivi individualisé et objectivé en nutrition et supplémentation. Pour cela, la formation continue des professionnels est indispensable.


▶️ Retrouvez toutes les clefs pour accompagner au mieux les parents dans le module 14 :



Sarah BREDON

Fondatrice et co-responsable pédagogique d’Oreka Formation

Conférencière et formatrice en sciences de la nutrition humaine

Consultante en Nutrition Fonctionnelle Adaptative​® et biologie clinique


Sources :

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